Published on 2007-12-27 17:35:00
La rencontre israélo-palestinienne qui s’est tenue à Caux du 23 au 26 juin 2003 a, de part la qualité, la force et la franchise de ses échanges, dépassé tous les résultats escomptés.
Ce congrès a réuni dans un lieu d’exception, à l’abri de toute pression médiatique, une quarantaine d’hommes et de femmes, politiques, religieux, universitaires, scientifiques, et travailleurs sociaux.
Des personnes d’influence qui ont manifesté ainsi leur désir de participer à la construction de « l’Alliance pour une Culture de Paix au Moyen-Orient».
Les intenses échanges de ces 4 jours de rencontres, ont permis de nombreuses évolutions et parfois même d’exceptionnelles transformations au sein des participants. Retenons également le texte approuvé en fin de Congrès par la majorité des participants. Ce texte contient les 7 points d’accords minimums destinés à la construction de « l’Alliance pour une Culture de Paix » dont ces rencontres étaient la première manifestation.
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Ce texte a été adopté à la majorité des participants lors de la première réunion de Caux, afin qu’il serve de base de travail à leur action future.
« … je crois à la marche inéluctable de la paix dans notre région, je crois que les peuples, les sociétés civiles, (...) sont plus mûrs que les dirigeants à un dialogue, à une réconciliation. Et même si la timidité et la difficulté des gouvernements à dialoguer est compréhensible, la force de ces sociétés est là, elle nous amènera à une véritable paix, à une véritable réconciliation. »
« Je vais vous dire une chose qui va étonner mes amis Israéliens.
Lorsqu’une unité palestinienne, quelle que soit le mouvement qui l’envoie, tire sur des soldats Israéliens dans les territoires, fait flamber un char israélien et que mon fils est à l’intérieur, ce n’est pas du terrorisme. Lorsqu’un énergumène se fait sauter pour la gloire de Dieu dans un café à Tel-Aviv ou à Jérusalem, ça c’est du terrorisme. Et ça, c’est le meilleur allié de ceux qui ne veulent pas la paix chez nous.
Le jour où vous comprendrez cela, pas comme individus, parce que comme individus vous le comprenez, le jour où vous le comprendrez comme nation, vous aurez gagné la partie. »
« Nous sommes adversaires, nous sommes frères siamois. Le malheur de la vie nous a collés ensemble. Donc, on se sauvera ensemble ou on périra ensemble. Il faut bien le comprendre. »
« Je suis content d’entendre notre ami Barnavi. Je le remercie beaucoup pour sa franchise et pour son courage.
Je souhaite sincèrement, je le dis de tout mon cœur, même si votre fils est dans l’armée israélienne en Cisjordanie, je souhaite que rien ne lui arrive.
Ce n’est pas une fierté pour nous, en tant que Palestiniens, de tuer des Israéliens. Nous avons fait des choses pour lesquelles nous avons été injustes à l’égard de nous-mêmes mais également envers vous. Comme vous vous êtes également rendus injustes vis-à-vis de nous et envers vous-mêmes. »
« Il y a une réalité que les Israéliens ne veulent pas voir ; il en est de même pour les Palestiniens.
Les Israéliens ne peuvent pas se passer des Palestiniens.
Les Palestiniens également ne peuvent pas se passer des Israéliens.
Je crois que mes propos sont enregistrés. Je voudrais que tout le monde entende ce que je dis.
L’eau qui se trouve dans la Terre Sainte est bue par les Israéliens et les Palestiniens. Les Israéliens et les Palestiniens mangent le pain ensemble. Le courant électrique qui passe dans les maisons israéliennes et palestiniennes passe en même temps. Les frontières de l’eau, les frontières aériennes, les frontières terrestres ce sont des frontières dont ne peuvent se passer ni les Israéliens, ni les Palestiniens.
(…) La majorité des Palestiniens ne détestent pas les Israéliens, mais détestent l’occupation israélienne.
Je crois que si l’occupation prend fin, il y aura une relation unique dans ce Moyen-Orient. Et cette relation nous allons l’exporter à tout le monde, en particulier au monde arabe, qui attend une solution avec les Palestiniens pour construire une relation avec Israël. »
« Je voudrais dire à nos voisins qui vivent avec nous sur la Terre Sainte, que la religion juive est la première religion à laquelle nous croyons. Je ne fais pas de compliments. C’est une partie intégrante de notre foi islamique. »
« Dans notre religion musulmane, dans notre philosophie, en tant qu’Autorité Palestinienne, la Terre Sainte est une terre sainte pour nous tous et il revient en premier aux juifs d’avoir l’honneur de cette Terre Sainte, d’adorer cette Terre Sainte. Ensuite il y a eu les Chrétiens. Ensuite la religion musulmane. »
« Le Grand Rabbin d’Israël a donné une « fatwa », une autorisation, et je le remercie profondément. Il a dit : la vie des personnes est plus importante que les lieux saints. Et moi je dis la même chose, qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans. Le Khalife a pris une parole du prophète (Mahomet) : La vie de l’homme est plus importante que La Mecque.
Nous pensons que la vie des hommes est plus importante que tout. »
« Il est très difficile d’entrer dans un processus, dans une démarche de paix, parce que cela amène à se poser des questions, cela amène à s’interroger : comment puis-je serrer la main du représentant d’un état qui a tué mon père, qui a occupé mon peuple, mon pays, qui a détruit mes maisons, qui m’empêche de sortir et qui empêche plus de trois millions de Palestiniens de vivre dans une grande prison.
C’est un processus interne très violent
Mais nous savons que pour faire la paix il faut du courage. La paix ne se fait pas entre les amis. La paix se fait justement entre les ennemis ; entre les ennemis qui se sont battus pendant longtemps, qui se sont tués et déchirés. »
« J’aimerais vous dire une chose qui risque de vous choquer (…) Devant vous, je vais renoncer à ma palestinité. Je ne suis plus palestinien. Je ne veux pas d’un état palestinien.
Je voudrais qu’Israël annexe la Cisjordanie et annexe Gaza. A la limite, que cet état s’appelle Israël. A une seule condition, que tous aient les mêmes droits : le droit de retour, le droit de vivre, le droit de construire ; que tous soient sur le même pied d’égalité. »
« Je pensais en écoutant les intervenants à un tableau de Goya où deux gladiateurs combattent et ils sont tellement pris par leur combat qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont sur de la terre glaise et qu’ils sont en train de s’enfoncer, que bientôt ils n’auront plus la possibilité de combattre parce qu’ils seront engloutis.
Le temps nous est compté. Si un certain nombre de choses ne se font pas après avoir eu ce moment de vérité auquel nous avons assisté. Nous en serons comptables vis-à-vis de notre conscience et vis-à-vis de Dieu. (…) C’est peut-être le sujet de la seconde partie de notre réunion cet après-midi. Savoir comment et de quelle manière nous allons faire répandre ce qui nous a été dit, ce qui nous a convaincu, qui nous a bouleversé jusqu’au plus profond de nous-mêmes, pour faire partager par le plus grand nombre ce qui nous apparaît maintenant comme une évidence ; peut-être pas à tous ; peut-être que certains restent encore avec un questionnement. Mais d’une manière générale, nous avons atteint un moment de vérité ; ce moment de vérité il ne faut pas le garder simplement pour nous-mêmes. »
Les dignitaires religieux, imams et rabbins accompagnés de chrétiens et d’experts du monde entier, se sont retrouvés pour leur troisième congrès mondial, afin de déterminer « ensemble » les moyens de défendre le caractère sacré de la paix et de s’engager concrètement, et dès à présent, à tout mettre en œuvre pour résoudre dans le cadre religieux le conflit israélo-palestinien
Ce Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix s’est tenu à Paris, du 15 au 17 décembre 2008 sous le patronage de l’UNESCO et le parrainage de S.E.M Abdoulaye Wade, Président du Sénégal et Président de la 11ème session de la Conférence Islamique au Sommet.
Tout d’abord, les imams et rabbins rejoints par les chrétiens, confirment leur engagement à dénoncer et condamner désormais, sans cesse, publiquement, et sans aucune réserve, toutes formes de violence, de terreur, d’injustice, qu’elles soient d’origine individuelle ou collective, commises au nom de Dieu et, ou, de leurs religions et des textes sacrés.
Ils réitèrent également leur volonté d’être les garants actifs de la Sacralité de la Paix.
Des citoyens du monde entier se mobilisent pour la paix :
Retrouvez leurs témoignages et leurs messges de soutien pour la fin du conflit et pour la réconciliation entre les Israëliens et les Palestiniens.