Published on 2007-12-27 17:37:00
Sous le Haut Patronage de leurs Majestés Juan Carlos I, Roi d’Espagne et Mohammed VI, Roi du Maroc, 220 Imams et Rabbins venus de 43 pays, entourés de 80 personnalités et spécialistes du monde, se sont réunis à Séville, du 19 au 22 mars 2006, à l’occasion du Deuxième Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix.
Lors du Premier Congrès Mondial, les leaders religieux, représentants de diverses communautés à travers le monde, ont uni leurs voix pour condamner toute instrumentalisation du nom de Dieu à des fins de violence. Ce faisant, ils ont repris la parole, prise en otage par les extrémistes et ont apporté une parole d’unité capable d’ouvrir la voie à des solutions concrètes : la promotion de l’éducation et de la connaissance - dont l’éducation à la paix - est une des solutions qu’il est primordial d’étudier et de promouvoir. Ce fut le thème principal de réflexion et d’action de cette deuxième rencontre, axée sur la mise en place d’actions de terrain.
Ce deuxième rendez-vous a rassemblé de nouveau plus de deux cent éminentes personnalités de l’islam et du judaïsme venues du monde entier, entourées de chrétiens et de représentants d’autres religions, d’universitaires, de professionnels de l’éducation, d’étudiants d’écoles rabbiniques et coraniques.
Un grand nombre de personnalités ont trop rarement l’occasion de se rencontrer dans un cadre informel et ouvert, où des échanges et des réflexions en profondeur peuvent être menés. Le Deuxième Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix a été élaboré pour être ce contexte, propice aux travaux, aux propositions, aux actions. Chacun des participants a eu la possibilité d’en être pleinement moteur et acteur.
La première journée a permis d’évoquer les nouveaux défis que doivent relever les leaders religieux dans nos sociétés contemporaines.
La seconde et la troisième journée ont donné à chacun (sous forme d’atelier) la possibilité d’apporter sa contribution au rôle des religieux dans la résolution des conflits. Tous ont été invités à s’exprimer et à agir.
Au nom du Créateur et Maître de l'Univers, le Compatissant et le Miséricordieux, nous, chefs religieux et représentants de l'Islam et du Judaïsme, nous sommes rassemblés pour le Second Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix organisé par la fondation Hommes de Parole à Séville, en cette région d'Andalousie où jadis, juifs et musulmans vivaient en harmonie et dans un enrichissement mutuel. Nous aspirons aujourd'hui et dans le futur à renouer de telles relations.
Nous affirmons par conséquent, que contrairement à une représentation erronée, largement répandue, il n'existe pas de conflit inhérent entre l'islam et le judaïsme, bien au contraire.
Alors que la politique contemporaine a malheureusement exercé un impact négatif sur leur relation, nos deux religions partagent les valeurs les plus fondamentales de foi en le Tout Puissant dont le nom signifie : "Paix", "qui est miséricordieux, compatissant et juste". Il nous appelle, êtres humains, à manifester ces valeurs dans nos vies et à les mettre en pratique dans notre relation à l'autre, dont la vie et la dignité sont sacrées. C'est pourquoi nous réitérons le message adressé lors de notre premier congrès dans lequel nous déplorons tout sang versé ou toute violence commise au nom d'une idéologie, où que ce soit.
De surcroît, lorsque de tels actes sont perpétrés au nom de la religion, ils constituent une désacralisation de la religion elle-même et l'offense la plus grave à l'endroit du Saint Nom du Créateur.
Ainsi, en plus d'appeler tous nos coreligionnaires à respecter toute vie humaine, la dignité et les droits de chacun, afin de promouvoir la justice et la paix, nous les exhortons, avec tous les gouvernements et les institutions internationales, à respecter les symboles de chacune de nos religions, leurs lieux saints, de prière et leurs cimetières, tout particulièrement en Terre Sainte, où ces questions sont les plus sensibles.
Nous condamnons toute représentation négative de ces symboles, et par là même leur désacralisation. Nous déplorons également tout dénigrement d'une foi ou d'un peuple et a fortiori tout appel à leur élimination. Nous pressons les autorités à en faire de même.
Nous reconnaissons qu'il y a une image erronée très répandue de nos religions, à la fois dans nos communautés respectives mais aussi dans le monde en général.
Nous affirmons le besoin d'une éducation respectueuse de la tradition et de la foi de l'autre aussi bien dans nos communautés respectives que dans nos écoles. Nous appelons les responsables de nos communautés à promouvoir une telle éducation, essentielle à une coexistence pacifique.
Solennellement, nous nous engageons à poursuivre notre recherche de l'autre, à établir des relations de respect, d'espoir et d'amitié ; à combattre l'incitation à la haine et à l'hostilité ; à surmonter les barrières et les obstacles, à renforcer la confiance mutuelle et à servir notre noble cause de paix universelle, particulièrement sur cette terre sacrée à tous.
Séville, Espagne, 22 mars 2006 ; Safar 21, 1427; Adar 22, 5766
IMAMS ET RABBINS ENTRENT EN ACTION
Le Second Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix a réuni à Séville du 19 au 22 mars plus de 120 imams et rabbins entourés de 80 experts et personnalités chrétiennes, sous le Haut Patronage de Sa Majesté Juan Carlos I et de Sa Majesté Mohammed VI.
Après la première rencontre des « Imams et Rabbins pour la Paix » tenue à Bruxelles en janvier 2005, ce second congrès a permis d’entrer pleinement dans l’action.
20 grands thèmes de travail ont été proposés par les participants.
Parmi les 49 recommandations et propositions d’actions qui ont émergé de ces séances de travail, la rencontre a d’ores et déjà permis la création :
D’autre part, 3 grands axes de travail ont été identifiés. Chacun d’eux fera l’objet d’un travail lors des deux années à venir, mené par les participants et coordonné par la Fondation Hommes de Parole.
Ils seront également suivis tout au long de l’année par le Comité Directeur pour le Dialogue Judéo-Musulman dont le renouvellement définitif se fera au cours du mois d’avril :
12 des propositions et recommandations visent à la création de programmes d’enseignements permettant d’initier les jeunes générations à la connaissance des différentes religions du Livre (Judaïsme, Christianisme, Islam) et de leurs cultures :
Les participants ont souligné l’absolue nécessité d’amorcer le dialogue et la connaissance de l’autre dès les premières années de l’éducation, de sorte que l’ignorance, source de peur ou de haine, soit endiguée.
8 des propositions et recommandations exhortent à une relecture éclairée et contextuelle des Livres Saints, et plus particulièrement des passages utilisés par les fondamentalistes pour justifier le rejet de l’autre et la violence. Un grand nombre de participants propose la création de structures spécialisées susceptibles de mener ce travail et de déterminer des méthodologies de lecture tenant compte des outils que fournissent les sciences humaines (archéologie, anthropologie, histoire, littérature, sociologie et herméneutique en général) et qui soit respectueuse du contexte (un texte lu hors contexte pouvant donner lieu aux interprétations les plus libres et les plus littérales). Comme l’ont fait observer certains des participants, les textes peuvent être lus dans une perspective fondamentaliste ou évolutive, il est donc crucial pour tous d’être muni des outils de lecture appropriés.
Conformément au thème de la rencontre, les participants ont insisté sur le nécessaire engagement des chefs religieux auprès des populations et des responsables politiques. Tout particulièrement ont été proposés :
Les dignitaires religieux, imams et rabbins accompagnés de chrétiens et d’experts du monde entier, se sont retrouvés pour leur troisième congrès mondial, afin de déterminer « ensemble » les moyens de défendre le caractère sacré de la paix et de s’engager concrètement, et dès à présent, à tout mettre en œuvre pour résoudre dans le cadre religieux le conflit israélo-palestinien
Ce Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix s’est tenu à Paris, du 15 au 17 décembre 2008 sous le patronage de l’UNESCO et le parrainage de S.E.M Abdoulaye Wade, Président du Sénégal et Président de la 11ème session de la Conférence Islamique au Sommet.
Tout d’abord, les imams et rabbins rejoints par les chrétiens, confirment leur engagement à dénoncer et condamner désormais, sans cesse, publiquement, et sans aucune réserve, toutes formes de violence, de terreur, d’injustice, qu’elles soient d’origine individuelle ou collective, commises au nom de Dieu et, ou, de leurs religions et des textes sacrés.
Ils réitèrent également leur volonté d’être les garants actifs de la Sacralité de la Paix.
Des citoyens du monde entier se mobilisent pour la paix :
Retrouvez leurs témoignages et leurs messges de soutien pour la fin du conflit et pour la réconciliation entre les Israëliens et les Palestiniens.