L’année 5768 (2007-2008), Année de l’espoir de paix entre Palestiniens et Israéliens

Published on 2007-12-27 17:35:15

Le Grand Rabbin René-Samuel Sirat, Directeur-Fondateur de la chaire Unesco "Connaissance réciproque des religions du Livre et enseignement de la Paix" et ancien Grand Rabbin de France,  nous livre sa vision d'un espoir de paix entre les Israéliens et les Palestiniens. Dans le présent article, il explique en quoi la nouvelle année juive, l'année 5768, constitue une formidable opportunité pour réaliser cet espoir de paix.


 

« L’année 5768 (2007-2008),
Année de l’espoir de paix entre Palestiniens et Israéliens »


Par le Grand Rabbin René-Samuel Sirat,
Grand Rabbin de France de 1981 à 1988;
Directeur-Fondateur de la chaire Unesco « Connaissance réciproque des religions du Livre et enseignement de la Paix »
Président-Fondateur de l’Institut universitaire européen Rachi de Troyes.

Les Pères de la Synagogue nous enseignent que l’âge de 60 ans correspond à l’âge de la vieillesse (ZiKNaH, entendez : la sagesse). En effet, les rabbins jouent sur le double sens de la racine ZaKeN, et, en l’occurrence, ils expliquent cette sentence : L’âge de la vieillesse est celui où l’individu acquiert la sagesse…1

Soixante ans ont passé depuis la décision historique de l’ONU créant deux Etats sur la terre de Palestine : un Etat juif et un Etat arabe.

Sans revenir sur tous les drames qui ont jalonné ces soixante dernières années, je voudrais simplement me souvenir qu’il y a quarante ans, après la guerre des Six Jours, le Premier Ministre de l’époque, Lévi Eshkol, parlant des territoires occupés, avait proclamé et répété sans cesse, de même que son Ministre des Affaires étrangères, Abba Eban, que « tout était négociable ». Malheureusement, à ces propositions ont répondu les trois « Non » de Khartoum formulés en 1968 par tous les Etats arabes.

A la mort de Lévi Eshkol en 1970, c’est hélas ! Golda Meir qui a été élue pour lui succéder, celle qui considérait que le peuple palestinien n’existait pas…

Après la guerre de Kippour, Anouar el Sadate, Président de la République arabe d’Egypte, a eu le courage de proposer la paix et de venir en faire la déclaration éclatante au parlement israélien à Jérusalem ce qui a permis l’établissement d’un traité de paix qui dure depuis trente ans entre Israéliens et Egyptiens. Hélas ! il fut lâchement assassiné par un fanatique se réclamant de la religion islamique.

Ce traité de paix a été suivi d’un accord semblable entre la Jordanie et Israël. Après les Accords d’Oslo, nous avions espéré que la paix entre Palestiniens et Israéliens était proche. Hélas ! un meurtrier, revendiquant le titre de juif orthodoxe, a tué l’espoir en donnant la mort à Ishaq Rabin, Premier Ministre prestigieux d’Israël. Depuis, les attentats sanglants, les ripostes, les enlèvements de soldats israéliens sur le sol de la patrie se succèdent à un rythme infernal…

A la veille de chaque année juive, une tradition ancienne demande aux dirigeants religieux de trouver dans la Bible hébraïque le verset qui servira de guide durant les douze mois qui s’annoncent et indiquera la direction que doit prendre l’action des croyants. En effet, chacun sait que les lettres hébraïques ont également une valeur numérique. Il s’agit donc de trouver un mot tiré d’un verset biblique et dont la somme numérique des lettres qui le composent correspond à l’année nouvelle dans le comput hébraïque. Le verset que j’ai retenu pour marquer l’année 5768 est tiré de la prophétie d’Isaïe2. Ce passage est particulièrement important puisqu’il proclame l’avènement de la justice et de la paix universelles : Le peuple qui marchait dans l’obscurité discerne brusquement une grande lueur ; ceux qui habitaient une terre ténébreuse voient tout à coup la lumière rayonner sur eux. Seigneur, Tu élèves ce peuple, Tu lui accordes de grandes joies : il se réjouit en Ta présence avec l’intensité de la joie au temps de la moisson…
L’intensité de la joie : ce syntagme est composé des lettres K S M H T dont la somme des valeurs numériques correspond à l’année 768 (20 + 300 + 40 + 8 + 400) du cinquième millénaire. La prophétie se prolonge jusqu’aux chapitres X et XI qui annoncent qu’un surgeon naîtra de la souche de Ychaï (Jessé ; le Père du roi David). La justice sera la ceinture de ses reins et la droiture l’écharpe de ses flancs. Le loup habitera avec la brebis et le tigre reposera avec le chevreau…3 Sous son règne, on ne commettra plus de crime ni de méfait sur Ma Montagne Sainte car la terre sera remplie de la connaissance du Seigneur comme l’eau recouvre le lit des océans…4

C’est plus qu’un espoir, plus qu’une prière fervente, une quasi-certitude qui nous émeut et nous étreint à la veille des fêtes du Nouvel An et du Yom Kippour 5768.

Cependant, une question s’impose à mon esprit : que se passera-t-il si le 30 septembre 2008 (= 1er Tichri 5769), la paix entre Palestiniens et Israéliens n’est pas signée ? Se laissera-t-on aller au désespoir ? La réponse nous est donnée par Rabbi Akiba, l’un des plus grands docteurs de la Loi à l’époque talmudique, mort martyr en 135. Il enseignait : Tout est déterminé mais la liberté est donnée à l’homme ; le monde est jugé avec bienveillance et tout dépend de l’action qui sera menée5.

Tout est déterminé : nous avons vu que la prophétie d’Isaïe constitue un appel à la paix universelle et que le signe de l’année nouvelle met en lumière cet appel. Cependant, la liberté de l’homme peut contrecarrer le projet divin : d’une certaine manière, c’est pour Dieu le prix à payer pour avoir choisi l’homme comme son interlocuteur privilégié ici-bas et lui avoir donné le privilège suprême dont même les anges sont privés : la possibilité de choisir entre le bien et le mal. Hélas ! le 20ème siècle a montré que l’homme ne se prive pas de choisir très souvent le mal.

Nous comptons sur la miséricorde de Dieu afin que le monde soit jugé avec bienveillance et nous exhortons tous les acteurs du drame actuel israélo-palestinien à agir pour le bien et à acquérir la sagesse nécessaire, au moment où les deux Etats prévus par la décision de l’ONU de 1947 doivent enfin exister et vivre l’un à côté de l’autre en justice, en fraternité, en générosité mutuelle et en paix.

  1. Maximes des Pères de la Synagogue V, 22
  2. IX, 1-2
  3. Isaïe XI, 5-6
  4. verset 9
  5. Maximes des Pères de la Synagogue chapitre 3, verset 5

 TELECHARGER :

annee_5768.pdf






DECLARATION ET PLAN D’ACTION - Troisième Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix

DECLARATION ET PLAN D’ACTION

Les dignitaires religieux, imams et rabbins accompagnés de chrétiens et d’experts du monde entier, se sont retrouvés pour leur troisième congrès mondial, afin de déterminer « ensemble » les moyens de défendre le caractère sacré de la paix et de s’engager concrètement, et dès à présent, à tout mettre en œuvre pour résoudre dans le cadre religieux le conflit israélo-palestinien

Ce Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix s’est tenu à Paris, du 15 au 17 décembre 2008 sous le patronage de l’UNESCO et le parrainage de S.E.M Abdoulaye Wade, Président du Sénégal et Président de la 11ème session de la Conférence Islamique au Sommet.

Tout d’abord, les imams et rabbins rejoints par les chrétiens, confirment leur engagement à dénoncer et condamner désormais, sans cesse, publiquement, et sans aucune réserve, toutes formes de violence, de terreur, d’injustice, qu’elles soient d’origine individuelle ou collective, commises au nom de Dieu et, ou, de leurs religions et des textes sacrés.
Ils réitèrent également leur volonté d’être les garants actifs de la Sacralité de la Paix.

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Blog Shalomalaykum

Des citoyens du monde entier se mobilisent pour la paix :

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